Aucun message portant le libellé psyché. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé psyché. Afficher tous les messages

2/01/2016

Claude Léveillée = Message subliminal


Voici une deuxième pièces dans laquelle j'ai découvert un message subliminal (la première étant disponible ici). Il s'agit de l'excellente "Nuit lunaire" de Claude Léveillée paru sur l'album Black Sun (Polydor 1978). L'album est un peu un ovni dans sa carrière. Avec ses arrangements rock progressive, les pièces 100% instrumentales et sa pochette bilingue; venant d'un artiste ayant commencé comme chansonnier, on était en droit de rester surpris.

Toujours est-il qu'à la toute fin de Nuit lunaire (vers 3:05), on entend clairement un message crypté.

Une fois inversé et accéléré de 30%,  voici ce qu'on obtient:

...taillé dans l'or massif... ses mâts touchaient l'azur, sur des mers inconnues...que reste-t-il de lui

Il s'agit en fait de fragments du célèbre poème d'Émile Nelligan Le vaisseau d'or:

 LE VAISSEAU D'OR / ÉMILE NELLIGAN 1899

Ce fut un grand Vaisseau taillé dans l'or massif
Ses mâts touchaient l'azur, sur des mers inconnues;
La Cyprine d'amour, cheveux épars, chairs nues,
S'étalait à sa proue, au soleil excessif.
Mais il vint une nuit frapper le grand écueil
Dans l'Océan trompeur où chantait la Sirène,
Et le naufrage horrible inclina sa carène
Aux profondeurs du Gouffre, immuable cercueil.
Ce fut un Vaisseau d'Or, dont les flancs diaphanes
Révélaient des trésors que les marins profanes,
Dégoût, Haine et Névrose, entre eux ont disputés.
Que reste-t-il de lui dans la tempête brève ?
Qu'est devenu mon cœur, navire déserté ?
Hélas! Il a sombré dans l'abîme du Rêve !


Ce n'était pas la première fois que Léveillée manifestait son admiration pour Nelligan. Dès 1965 il avait adapté en musique un autre de ses poèmes: Soir d'hiver.










Sinon à l'intérieur même de la pochette de Black Sun (album instrumental je le répète), il y avait de brèves citations décrivant chaque pièces. L'une d'elle était d'Émile Nelligan ET était tiré de Le vaisseau d'or; mais étrangement elle n'était pas inclus pour d'écrire Nuit Lunaire.

Bref, une belle petite curiosité pour auditeur averti.


8/26/2015

Le chat de l'arc-en-ciel et autres monologues psychédéliques


Lorsqu'on pensent aux monologues enregistrés sur disque au Québec, la majorité des gens auront probablement en tête ceux à caractères sociaux d'Yvon Deschamps.  Mais parmi tout les disques de "monologues" des années 1960-70, il y a aussi eu un sous-genre peu discuté et digne d'intérêt pour les lecteurs de ce Blog: les monologues psychédéliques.

Selon moi les monologues psychédéliques sont de belles expérimentations d'une autre époque.  Je les décrierais comme un type de création audio fait pour élargir les horizons, dérouter l'auditeur de sa conception traditionnel de la réalité, par des concepts ou des sensations déstabilisantes.

Le plus intéressant du lot est selon moi "Le chat de l'arc-en-ciel" de Normand Gélinas.  Il est le résultat d'une expérience que Gélinas fit. Il s'enregistre lors d'un "trip" d'acide. Par la suite, il transcrit l'audio, retravaille le texte et finalement se réenregistre mais cette fois en studio (avec sons et effets). Le résultat est très imagé. On dirait presque une fable pour enfant.  Avec, par moment, une touche social aussi.
Photo Vedette - Novembre 1970
Normand Gélinas
Dans cet article de Michel Bigue de novembre 1970, Normand Gélinas en discutait "à chaud".  C'est tout de même amusant de voir la rectitude politique de Photo Vedette (même en 1970) où l'on fait l'éloge d'une oeuvre créé sous l'influence... tout en condamnant la drogue.  C'est un tour de force intellectuel ! Merci à mon collègue Sébastien de Mondo PQ pour l'article.

Farce à part, j'ai eu le chance de m'entretenir avec le créateur de ce disque. Il revient sur le processus de création, son message et la réception du disque.  Écoutez mon entrevue avec Normand Gélinas au sujet du Chat de l'arc-en-ciel ci-dessous:


Les voyages de Tortillard /  Danielle Marleau - Peter Sauder / adaptation BD de Chantal Gréverie 1980 dans le magazine"Télé Récré A2". Images tirés du blogue "Le grenier de la télé".

Fait étrange, on peut voir un concept drôlement similaire au "Chat de l'arc-en-ciel" dans une adaptation BD de la série animée québécoise Les voyages de Tortillard (1977).  Dans une courte histoire nommée "Aux pays des chats de couleur", les trois protagonistes se retrouvent sur une île peuplé de chats. Ils assistent à la cérémonie de l'arc-en-ciel où l'on colore les jeunes chats.  Est-ce que le disque de Normand Gélinas aurait pu être une inspiration ?

                                                                 *****

Outre cet incontournable disque, voici cinq autres monologues psychédéliques méritant le détour:


SANS TITRE / Jean-Guy Moreau (1969 - Trans-Canada)
Ce monologue nous paint un portrait dystopique. Il présente un Québec ayant fait l'indépendence mais qui aurait érigé un mur autour de ses frontières et coupé tout contact avec l'extérieur pendant des décennies. Puis, le 8 décembre 1999 les américain test une bombe atomique sur son territoire pensant l'endroit désert.

LE CHAT DE L'ARC-EN-CIEL / Normand Gélinas (1970 - Trans-Canada)
Le plus long et le plus accomplis des monologues psychédéliques fait au Québec.



LA CONFESSION / soeur Charlotte et père Hervé (1973 - Pax)
Un curé se drogue et décrit son "trip" en confession.  Tout le délire est dans la façon de raconter les événements. On utilise beaucoup les inversions d'objet dans la description.




STÉRÉOLOGUE / Caramel Mou (1974 - Deram)
Ce monologue (en stéréo) est intéressant pour ses effets sonores et son accompagnement musical. L'histoire est banale en soit (un homme marche sur le trottoir et se prends le pied sur un morceau de caramel); mais le narration est intense et les effets bien choisis.




LE TEMPS / Roger Gravel (1976 - Airedale)
Ce texte a une touche un peu nouvel âge. Il est également narré par Jean Coutu (comédien). Des percussions qui vous mettrons en transe et des claviers grandioses.




NAISSANCE / Bionic (1977 - Pacha)
Ce monologue laisse aussi une impression nouvel âgeuse. Quoique plus menaçante et futuriste.  Il rappelera peut-être à certain le personnage de Métamorphe dans le livre Les hommes-machines contre Gandahar / Jean-Pierre Andrevon (1969).





Psyquébélique vous offre cette humble compilation de monologues psychédéliques. Je crois avoir recensé ici la quasi totalité des monologues du genre fais au Québec. Si j'en aurais oublié un et que vous auriez une suggestion, faites le savoir dans la section "commentaires".

MP3: Télécharger la compilation

1/01/2015

1969: les débuts Pop de l'Inphonie


En 1969 est arrivé sur la scène musicale québécoise un ovni: L'infonie. C
e groupe dirigé par Walter Boudreau, avait une façon très originale de faire de la Pop.

Beaucoup a été dit et écrit sur ce groupe. Ils ont laissé derrière eux quatre albums (de 1969 à 74), un manifeste (Le manifeste de l'infonie (1970), 
un film (Ô ou l'invisible enfant (1973)), un documentaire à été fait sur eux (L'infonie inachevée (1974)). Raoûl Duguay à fait paraître un livre "L'infonie, le bouttt de touttt" (2000). Le premier et troisième albums ont été réédités en CD sur l'étiquette Mucho Gusto (2000-01). 


Bref beaucoup de matière, mais peu a été dit sur comment leur première année d'existence était Pop. Après 1969, Walter Boudreau et l'infonie prendront un virage vers une musique "contemporaine" avec le 2-3 et 4ième album. 

Cet article à simplement pour but d'examiner cette première année: 1969. J'ai interviewer Walter Boudreau pour en savoir d'avantage sur les premiers balbutiements Pop de cet incroyable groupe.



PSYQUÉBÉLIQUE : En 1968 on vous découvre en Quatuor de Jazz (Walter Boudreau + 3 = 4). L'année suivante paraît le premier disque de l’infonie. Est-ce que ces deux projets ce sont chevauché ?
WALTER BOUDREAU : Sans vraiment se chevaucher, l’un (quatuor de jazz) a été rapidement supplanté par l’autre (Infonie).

PSYQ : Comment vous est venue l'idée de former un Quatuor de Free Jazz ?
WB : Mon quatuor n’en était pas vraiment un de Free Jazz, malgré la présence d’improvisations « libres » vraisemblablement influencées par John Coltrane, Ornette Coleman, Eric Dolphy, Archie Shepp et autres solistes avant-gardistes du Jazz de la fin des années 60.


PSYQ : Est-ce que le "Quatuor de Jazz libre du Québec" était une influence ?
WB : Non, mais nous partagions assurément des objectifs similaires.


PSYQ : Qu'est-ce qu'il y avait de similaire entre ces deux groupes ?
WB : Le besoin viscéral d’une expression totalement débridée !


PSYQ : Quel était selon vous la différence majeur entre votre Quatuor et celui du Jazz libre du Québec ?
WB : Je crois que nous étions plus « structurés » (malgré tout…) avec une certaine présence d’éléments plus « traditionnels » dans nos musiques tels la pulsation, les modulations harmoniques et la forme, etc.

PSYQ : Quel genre de relation aviez-vous eu avec le Quatuor de Jazz libre du Québec ?
WB : Très amicales, conviviales sur le plan professionnel et personnel.

PSYQ: Pourquoi retrouve t’on des membres du quatuor de Jazz libre sur le premier enregistrement de l’Infonie (Jean Préfontaine, Yves Charbonneau, Guy Thouin) ? Pourquoi avoir choisi ces trompettiste / contrebassiste / batteur-là en particulier ? 
WB: Tout simplement parce que nous avions déjà commencé à réunir nos forces autour de mon groupe de Jazz et que l’Infonie est le résultat concret de cette "fusion".
 
PSYQ : Quel a été le tout premier enregistrement de l'Infonie ?
WB : « L’Infonie » sur étiquette POLYDOR

PSYQ: Il y a aussi eu un 45t de L’infonie (sur Polydor), est-il sorti avant ou après le LP ?
WB: Ils sont vraisemblablement parus simultanément, si ma mémoire est bonne.

PSYQ : Combien de temps AVANT le disque de Polydor avait commencé les activités de l'infonie ?
WB : Très peu, car mon quatuor de jazz évoluait rapidement avec l’ajout de musiciens ainsi que “d’extras” (dont Raôul [Duguay] n’étant pas le moindre...) et mes concerts devenaient peu à peu des sortes de “happening” mêlant musiques variées, poésie, théâtre et même projections d’images ! 

PSYQ : Comment passe t'on de composition de Jazz débridée (ex: Boulevard Chaumont 1968 / Quatuor jazz) à de la pop électronique (ex: "J'ai perdu 15 cents..." 1969 / L'infonie) ?
WB : Facilement, quand on a l’esprit ouvert…

PSYQ : En 1969, vous avez fait la trame sonore de deux films de Jean-Pierre Lefèbvre: (La chambre Blanche, Q-Bec My Love).
Sur la 45t de "La chambre blanche", L'infonie est écrit avec un "PH" au lieu du "F" habituel, est-ce que c'était l'orthographe d'origine ou une faute de frappe ?
WB : C’était l’orthographe d’origine qui a rapidement été changée par la suite.



PSYQ : Si l'orthographe d'origine était inPHonie (tel qu'écrit sur le 45t "La chambre blanche"); serait-ce possible que ce disque soit paru avant celui sur Polydor ?

WB : Je n’en ai vraiment aucune idée...

PSYQ : Également sur le 45t de "La chambre blanche", Denis Lepage chante sur la pièce "This Ain't No Cinerama Baby" (et non Raôul Duguay), pourquoi cette collaboration ?





Denis Lepage 1969
WB : Denis Lepage était un trompettiste de talent avec qui je collaborais à l’occasion. De plus, il chantait, alors…

PSYQ : Est-ce que Raôul Duguay faisait parti de l'infonie dès le début ? ...  au moment où Denis Lepage chantait (en 1969) par exemple ? Corriger moi si je me trompe mais, ce n'était pas non plus Duguay qui chantait pour la pièce "Viens danser le O.K. là" ? 
WB : Oui, Raôul faisait partie de l’infonie dès les débuts. Or nous n’étions pas “organisés” (Dieu soit loué...) et –question de circonstances- Denis Lepage s’était avéré (outre sa trompette) celui qui a chanté  la toune en studio...

Personne ne “chante “ vraiment dans “Viens danser le O.K. là “, outre Ysengourd Knörh qui vocifère...


Raoul Duguay 1969
PSYQ : Est-ce que la participation de Raôul Duguay s'est plutôt concrétisée à partir du 2ième album ?
WB : Oui, Raôul a été plus “intégré” à la magistrale pièce “Paix” dans le 2e album

PSYQ : Vous avez participé à 3 trames sonores de Jean-Pierre Lefèbvre de 1969-71(La chambre blanche, 
Q-bec My Love, Les maudits sauvages), comment a commencé cette collaboraton ?
WB : Aux 3 trames sonores mentionnées plus haut, il faut rajouter celle de Ultimatum (1973)

Grand ami de Raôul Duguay (à l’époque...) J.P. Lefebvre était un “fan” de l’Infonie. Nous nous fréquentions “socialement” à l’occasion et c’est à ce moment-là  qu’il m’avait proposé d’écrire la musique pour La chambre blanche

PSYQ : Y a t'il eu un enregistrement vinyle de la trame sonore du Film de Jean-Pierre Levèbvre Q-Bec My Love ?
WB : Pas à ma connaissance

PSYQ : Comment fonctionnait la composition à l'intérieur de l'infonie ? 
WB : Je composais la musique. Au début, il existait un climat de liberté d’intervention des musiciens où l’improvisation tenait une place importante. Par contre, celle-ci s’est  rapidement  estompée au profit d’ une écriture plus “savante” et précise.

PSYQ : Quel(s) groupe(s) local(aux) admiriez-vous à l'époque de l‘Infonie ?
WB : Aucun

PSYQ : Quel(s) groupe(s) étranger admiriez-vous à l'époque de l'Infonie ?
WB : J’aimais bien Emerson, Lake & Palmer ainsi que Zappa, mais sous toutes réserves…

PSYQ: Que vous souvenez-vous du mouvement "Ti-Pop" ?  Est-ce qu’il y avait une volonté de vous inscrire dans ce mouvement avec l’infonie ?
WB: Plusieurs personnalités de mouvements « progressistes » portaient à l’époque un macaron ridiculisant le Premier Ministre Unioniste Maurice Duplessis…(Notre « Staline » Québécois…). 

L’Infonie – quoique sympathique à ce mouvement – ne s’est jamais impliquée politiquement, préférant concentrer ses énergies et talents à la chose « artistique ».

PSYQ : Au tout début de l'Infonie (vers 1969-70) avec le premier album sur Polydor, on retrouve un côté Pop, plus "accessible" qui était moins présent à la fin du groupe en 1974 (ex: J'ai perdu 15 cents..., Viens danser le O.K. là, Q-Bec BBQ, This Ain't No Cinerama Baby). Il y a même eu un 45t ... un single.... pour "Viens danser le OK là". 
L'infonie avait aussi fait partie de la compilation "Les plus grands SUCCÈS canadien-français de Polydor".  Comment expliqueriez-vous la différence d'approche musicale entre le début et la fin du groupe ? Est-ce que le producteur André Perry y était pour quelque chose ?
WB : Non ! Je bougeais très rapidement quant à la direction qu’allait prendre ma carrière de compositeur et cette « aventure » dans le monde de la musique pop tirait naturellement à sa fin puisque je me concentrais de plus en plus sur mes études en musique contemporaine ainsi qu’en direction d’orchestre “sérieuse...”

PSYQ : Quel sont vos souvenirs entourant la composition / enregistrements de la pièce "Q-Bec BBQ", "J'ai perdu 15 cents…" , "This ain't no cinerama" ? 
WB : Rien de spécial… 

PSYQ : et la pièce "Viens danser le O.K. là" ? 
WB : C’est un clin d’œil au groupe afro-américain the Marcels qui avait produit dans les années 60 une série de merveilleuses stupidités musicales nommées « The Night Before », « The Night After », etc., basées sur un ostinato de basse tenu par le pédalier de l’orgue Hammond. Plus près de nous, il y avait – entre autres – des horreurs comme « Manon viens danser le Ska » et autres « tubes » de la sorte. « Viens danser le O.K.-là » est un hommage sincère de ma part à toute cette culture populaire insipide.

PSYQ: Avez-vous gardé des copies de vos trames sonores de cette époque ? Pourquoi ne sont-elles pas disponible à l'achat ? 


La chambre blanche (1969) 
Q-bec My Love (1969) 
Les maudits sauvages (1971) 
Ultimatum (1973)

WB: Ils ont tout probablement été détruits et je n’en possède pas de copies. 

Je ne sais pas, ça fait tellement longtemps. Il se peut que je considérais ces musiques comme “mineures” (sauf peut-être celle de Ultimatum...) et, ne m’intéressant pas, j’ai jugé qu’elles n’intéresseraient personne...

                                                          ***


En conclusion, permettons-nous d'être en désaccord au sujet du non-intérêt pour ces trames sonores de Walter Boudreau / L'infonie. Vivement une réédition de ces enregistrements s'il existent encore !


Après 1969, l'infonie changera de cap musicalement et enchainera trois albums avant de se dissoudre en 1974. Walter Boudreau quand à lui, aura une carrière de compositeur contemporain remplie d'une soixantaine d'oeuvres. Il sera également directeur artistique de la Société de la musique contemporaire du Québec à partir de 1988 et gagnera multiples honneurs bien mérité. Psyquébélique vous encourage à suivre les activités de Walter Boudreau et de la SMCQ.


Voici en téléchargement les deux premiers 45t de l'infonie (paru 1969) ainsi que la chanson thème du film "Q-bec my Love" (1969):



8/24/2009

Y'a plus de trou à Percé / Paul Baillargeon 1971


"Y'a plus de trou à Percé" fait partie de la courte liste des trames sonores de films érotiques Québécois ayant été édités à l'époque. À défaut d'avoir produit de bons films, cette mode (1969-75) aura au moins permit d'immortaliser de la très bonne musique.

Cinépix était la maison de production Montréalaise ayant produit le plus de films du genre. Mentionnons; Valérie (1969), L'amour humain (1970), L'initiation (1970), Viens, mon amour (1970), Pile ou face (1971), Y'a plus de trou à percé (1971) et La pomme, la queue et les pépins (1974).

Cinépix n'a malheureusement fait paraître que trois albums et deux 45t. Tous sont sortis sur l'étiquette de disque "Gap records" (une filiale musicale ?).


La B.O. de "Y'a plus de trou à Percé", est un cas spécial; c'est la deuxième de cette série de trois disques.

Le film date de 1971 et sa B.O. fut composée par le grand Paul Baillargeon. Tout comme pour "Viens mon amour" (sortit l'année précédente et composé par Baillargeon aussi), "Y'a plus de trou à Percé" possède une version anglaise (pochette, nom des pièces...) ainsi qu'un 45t. Le film est sortit en anglais sous le nom "Loving & Laughing". La chanson thème était chanté par Patsy Gallant et sa version anglaise par Sharon Lee Williams. Les pochettes anglaise & française inclus une photo de Gallant & Williams respectivement. On n'aura rarement vu des producteurs se donner autant de mal à s'adapter au marché qu'ils essayent d'exploiter.


Le nom de Dean Morgan reste un mystère selon moi. Sur les deux premières B.O. de Gap Records, Dean Morgan est crédité au côté de Baillargeon sur les pochettes.

Mais lorsqu'on regarde attentivement l'étiquette centrale (de "Viens, mon amour"), il n'est crédité que sur les chansons chantés (et non sur les instrumentaux).









Sur "Y'a plus de trou à Percé", son nom est partout ou celui de Baillargeon l'est. Pourtant, cet homme n'est listé sur aucun site de compositeurs tel Discogs. Sinon, sur IMDB, il n'est listé QUE sur trois projets de films (les 2 de Cinépix + 1 autre). Tous ont été fait AVEC Paul Baillargeon. Est-ce qu'il faudrait croire qu'il n'aurait rien composé seul ... Ou sans l'aide de Baillargeon ? Est-ce simplement un producteur ou peut-être un prête-nom ?

Sur le site "Waxing Deep", Baillargeon accorde une courte entrevue à Dan Zack au sujet de ces deux trames sonores pour Cinépix. Il n'y fait aucune mention de la collaboration de Dean Morgan. Conclusion ? Tout ça mis ensemble, Psyquébélique croit que Baillargeon est fort probablement l'unique compositeur des B.O. de "Viens, mon amour" et "Y'a plus de trou à Percé".

Revenons à la musique. Peut-être moins spectaculaire que les autres trames sonores érotique, celle-ci est non moins intéressante. Le style de la majorité des pièces est ce que les anglais appellent du "Soft-Psych". C'est à dire des balades/folk mais avec une touche d'électronique. Le tout donne une saveur un peu étrange. Prenons la version instrumental du thème, le son fait très film d'horreur de Jess Franco. Un clavier électronique est combiné avec un piano et à cela est rajouté des effets sonores. L'intention semble être de créer un atmosphère bizarre et déconcertante.


Autre particularité, ce disque inclu une rare pièce du groupe Le coeur d'une génération.

"Ton Amour", est une pièce de style "Sunshine Pop" comme seul ce groupe semblait avoir la formule au Québec. Harmonies vocals, tambourine, guitare sèche; une variation plus sophistiqué des chansonniers finalement.


Le film incluait une rare performance filmé du groupe Le coeur d'une génération chantant "Mon amour". Mon collègue Sébastien de Patrimoine PQ a mit un clip sur Youtube (tiré de la version anglaise) montrant l'extrait de cette performance.

"Nous irons ensemble" de Patsy Gallant, est la chanson thème. Elle était sur le 45t. C'est une pop cuivré et convenu; semblable à Donald Lautrec. La pièce est crédité à Baillargeon, Morgan mais aussi Robert Gauthier. Ce dernier avait composé la chanson thème de "Viens, mon amour" nommé "Emmène-moi" chanté par Louise Lemire.


Une des choses qu'on peut déplorer est que plusieurs des meilleurs pièces sont très courtes. Quelques unes sont incluses dans un "Montage" de 9:36 nommé "O Percé". Ce montage (mélangeant musique & dialogue) est divisé en 4 "sections" selon la pochette. Psyquébélique dénote en fait 8 sections musicales. Donc difficile d'identifier correctement les pièces qu'on aime. Je me contenterais de les nommer par leur numéro.

La première pièce de "O Percé" par exemple, est similaire à la pièce "Gaspé adieu" du côté B. Ces pièces sont dans le style des B.O. de western spaghetti mais version électronique. Combinaison inusité s'il en est une.

Autre fait saillant, le quatrième extrait musical de "O Percé". Il s'agit d'une courte compo électronique (0:46) tout en mélancolie. Dans l'esprit de ce que Michel Robidoux et Pierre F. Brault allait faire comme musique pour l'émission "Passe-Partout" quelques années plus tard. Le son de Baillargeon aurait-il eu un impact sur ce duo ?

MP3: Téléchargez l'album

1/13/2008

Olé le matador / Les Bel Cantos 1968



Voici ce qu'on pourrait appeller une balade psyché.

Bel Canto veux dire en italien "beau chant" ou "l'art du chant lyrique". Le groupe Québécois du même nom était effectivement reconnu pour ses harmonies de voix très sophistiqué.

Influencés par les Beatles, les Bel Canto (ou "les Kanto" à la fin de leur carrière) furent un des groupes les plus productifs de son époque en termes de compo originales. Certains disent qu'ils se démarquaient du lot à cause de cela (compo), d'autres disent qu'ils étaient le pont entre le Yéyé et les chansonniers, d'autres qualifient leur style de "Rock Baroque".

Il faut dire que le groupe était très fort au niveau arrangements. Écoutez par exemple la pièce "Olé le matador". En s'inspirant du "sport" traditionel espanol, les Kanto crée une pièce où les cuivres & cordes sont omniprésents, avec un choeur accrocheur et (lors du refrain) ont utilisent des sons de chaînes et/ou cadrans. Le tout donne une sorte de balade psyché...

MP3: Olé le matador / Les Bel Cantos

12/08/2007

Perdu / Les Classels 1968


Peut-être le groupe le plus populaire des fans de Yéyé à l'époque; aujourd'hui les Classels sont ironiquement le groupe le plus détesté par la nouvelle génération de fans du son Garage/yéyé. La raison est simple, ce groupe est surtout connu pour ses balades jugés "quétaines".

Ce jugement est dur et en bonne parti mérité, mais ce serait oublier les quelques chansons incroyablement fuzzé comme "Perdu" ou" Je m'éveille".

Perdu ressort du lot à cause aussi de l'utilisation d'une petite section cuivres & cordes (violons, trompette) qui donne un son "classique" qui était assez inusité dans le rock de cette époque. Il y a aussi des effets de voix psyché, de la réverbérance & distortions dans les guitares.

Espèront que cette pièce fera changer d'opinions à quelques uns au sujet des Classels

MP3: Perdu / Les Classels

12/02/2007

Metadata (extrait) / Alain Clavier 1971


Voici une compilation de musique de court métrage de l'O.N.F. (L'Office national du film).

La pièce Metadata fut composé pour un court métrage d'animation datant de 1971. Ce film de Peter Foldès (portant le même nom que la pièce), fut un des premiers à utiliser l'aide d'ordinateur pour assister les animateurs. Le sujet, quoique assez vague, semble être la gloutonie.

Revenons à la musique d'Alain Clavier; il s'agit d'une pièce tout ce qu'il y a de plus psyché: guitare distorsionné et errante, orgue répétitif, gémissement d'hallucination.

Sur le disque on indique une durée de 8min, mais la pièce ne dure vraiment que +ou- 3min. Le reste n'est que des effets sonores. Le court métrage de Foldès durait +ou- 8min, alors Clavier avait tapisser pour 5min d'effets sonores, jusqu'au point culminant du film où la pièce commence vraiment. Il y a donc un intro de 5min ou, si vous voulez, ou une chanson dans une chanson.

MP3: Metadata (extrait) / Alain Clavier

10/28/2007

Jean-Guy Moreau, Raoul Duguay & le Quatuor de Jazz Libre du Québec 1969/1970



Voici un dernier message au sujet d'albums "non musicaux" auxquels le Quatuor de Jazz Libre aurait collaboré. Je n'avais pas l'intention de parler de ceci, mais après Yvon Deschamps, autant faire le tour au complet une fois pour toute...

À gauche sur la photo, on peut voir l'album "Tsordaffaires" de Jean-Guy Moreau qui paru en 1969 (l'année après la première de l'Osstidcho). Rien d'extraordinaire, si ce n'est que tout les membres du Jazz Libre sont listés comme musiciens car Moreau y fait sa version de "Lindberg".

Selon moi par contre, la pièce la plus Psyquébélique sur Tsordaffaires, est un monologue de science-fiction rempli d'effets sonores. Dans ce monologue (sans titre) Moreau parle d'un Québec devenu indépendant mais coupé de l'extérieur. L'armée américaine fini par y tester l'arme atomique.

À droite sur la photo, on peut voir l'album "Poèmes et chants de la résistance vol.2" . Poèmes et chants de la résistance était une série de 3 disques qui avaient été enregistrés au moment de la crise d'octobre (1970). La communauté artistique s'était alors mobilisée pour dénoncer (en poèmes et en chansons) les arrestations abusives.

Sur le volume 2, Raoul Duguay (à l'époque de l'infonie) y fait un monologue indépendantiste accompagnée du "Jazz Libre du Québec". L'emphase est surtout sur le texte et donc d'un point de vu purement musicale l'intérêt est limité.

MP3:
Lindberg / Jean-Guy Moreau
Monologue nationaliste / Raoul Duguay & Le Jazz libre du Québec
Monologue Science-Fiction / Jean-Guy Moreau